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La
naissance du drapeau français
Les trois couleurs du drapeau français
ont été créées officiellement, pour
l'armée, par le décret du 27 juillet
1789.
L'histoire des signes de ralliement,
enseignes militaires devenues, depuis le
début du XIXe siècle, emblèmes de la
nation, conduit à la naissance du
drapeau français ; elle peut se résumer
succinctement :
• Depuis Charles V, le symbole français
est la croix blanche sur les drapeaux
des régiments d'infanterie. Les quatre
quartiers que sépare cette croix ont des
couleurs, ou une disposition des
couleurs, propres à chaque régiment.
• Depuis le XVII" siècle, la cavalerie
a, par escadron, un ou deux étendards de
forme carrée, ou des guidons à deux
pointes, de couleur bleue, rouge, jaune,
vert ou noir diversement brodés avec
souvent, depuis 1701, un soleil
rayonnant.
• Pour l'ensemble de la cavalerie, la
devise est généralement :
NEC PLURIBUS IMPAR (supérieur à tous).
La gendarmerie a sur ses étendards l'œil
de la vigilance.
• La marine a un drapeau blanc semé de
fleurs de lys, il ne concerne que la
marine.
• Le Roi a un drapeau blanc avec les
armes de France ; c'est le drapeau de la
famille royale.
• Chaque régiment d'infanterie a deux
drapeaux :
• Un drapeau blanc à croix blanche :
drapeau Colonel, porté par la compagnie
colonelle, 1*" compagnie du bataillon.
• Un drapeau à croix blanche, déjà cité
: drapeau d'ordonnance, porté par la
compagnie lieutenant- colonelle, 1èr"
compagnie du 2e"" bataillon.
• Tous ces drapeaux sont emblématiques
et non des enseignes nationales.
• Le colonel porte, à la ceinture, une
écharpe blanche , symbole de
commandement militaire, et chaque
soldat, au chapeau, une cocarde en basin
blanc. Cette cocarde est strictement
militaire ; il était interdit aux civils
de la porter. La couleur blanche est
toujours le symbole du commandement
militaire supérieur; lors des défilés du
14 juillet, chacun peut voir :
• L'aigrette blanche au shako du colonel
commandant Garde républicaine à pied.
• L'aigrette blanche au casque du
colonel commandant la Garde républicaine
à cheval.
• La cravate blanche au fanion
tricolore, à l'avant droit de la voiture
du président de la République, chef des
armées.
• La cravate blanche au fanion tricolore
du chef d'état- major de l'armée
(décision ministérielle du 29 juin
1892). Le 14 juillet 1789, la Bastille
est prise. Sur cette forteresse flottait
un drapeau, un seul, celui du
gouverneur. Ce drapeau est d'un genre
particulier, car il est en soie rouge
avec bande jaune en diagonale, bordée de
blanc, et un quartier à croix blanche
sur fond bleu et rouge.
Les insurgés ayant arboré au chapeau la
cocarde bleue et rouge, couleurs des
armes de Paris, le général Lafayette
leur fit ajouter la cocarde militaire
blanche (décret du 27 juillet 1789). Les
trois couleurs nationales étaient nées.
Aussitôt, tous les régiments
d'infanterie les adoptent et, selon
l'usage, la disposition de ces trois
couleurs sera très complexe et
particulière à chaque régiment.
La cravate tricolore fait son apparition
en 1790 - décret du 22 octobre 1790 ;
elle accompagnera les nouveaux drapeaux,
et quelques-uns de l'ancien régime,
pendant une dizaine d'années. Le drapeau
tricolore est créé par le décret du 27
pluviôse an II (15 février 1794), qui
précise:
Art. 1" Le pavillon décrété par
l'assemblée nationale constituante est
supprimé.
Art. 2. Le pavillon national sera formé
des trois couleurs nationales, disposées
en trois bandes égales, posées
verticalement, de manière que le bleu
soit attaché à la gaule du pavillon, le
blanc au milieu et le rouge flottant
dans les airs.
Art. 3. Les pavillons de beaupré et le
pavillon ordinaire de poupe seront
disposés de la même manière, en
observant les proportions des grandeurs
établies par l'usage.
Art. 4. La flamme sera pareillement
formée des trois couleurs, dont un
cinquième bleu, un cinquième blanc, et
les trois cinquièmes rouges.
Art. 5. Le pavillon national sera arboré
sur tous les vaisseaux de la république
le premier jour de prairial ; le
ministre de la marine donnera en
conséquence tous les ordres nécessaires.
Ce pavillon conservé par l'Empire,
remplacé à la Restauration de 1814 par
le pavillon blanc, puis rétabli par
l'Empereur pendant les Cent-Jours, et
changé encore à la seconde restauration,
a reparu à la révolution de 1830 :
l'art. 67 de la charte d'août 1830 en
consacre le maintien.
Sauf pour la Marine qui abandonnant les
fleurs de lys, placera sur un quart de
son pavillon blanc les trois couleurs à
l'envers, ce décret sera suivi de peu
d'effets immédiats. L'idée d'uniformité
propre à une armée nationale n'a pu
éliminer rapidement les vieilles
traditions militaires, sources de
l'esprit de corps ; la plupart des
régiments garderont longtemps leurs
drapeaux de 1789, peut-être, faute de
moyens.
Napoléon par son ordre à Berthier, du 8
thermidor an XII (27 juillet 1804), crée
un fait nouveau : le drapeau n'est plus
un simple signe de ralliement, il
devient, ou plus exactement l'aigle qui
le surmonte, un symbole très fort de
l'Honneur, pour lequel on se bat jusqu'à
la mort.
« Au maréchal Berthier, Pont-de-Briques,
8 thermidor an XII ».
L'Empereur désirerait. Monsieur le
Maréchal, que les drapeaux qui seront
donnés à l'armée fussent d'une forme
différente de celle qu'elle possède
aujourd'hui. L'aigle éployée, telle
qu'elle se trouvera sur le sceau de I'
Empire, sera placée sur la sommité du
bâton du drapeau, de la même manière que
la portaient les Romains. On attacherait
au-dessous le drapeau, à la distance où
se trouvait le labarum.
Il aurait
beaucoup moins d'étendue que les
drapeaux actuels, qui sont très
embarrassants, et serait de trois
couleurs, comme ceux-ci. L'étendue du
drapeau pourrait ainsi être réduite à
moitié. On y lirait ces mots: L'Empereur
des Français à tel régiment. L'aigle
constituerait essentiellement le
drapeau, dont on pourrait changer
l'étoffé lorsque son état
l'exigerait.... »
Pour la première fois, un modèle
uniforme de drapeau était imposé à tous
les corps de l'armée, équipages de
marine et garde nationale : un losange
blanc central inscrit dans un carré de
quatre triangles de couleur alternée
bleu et rouge.
En fin d'année 1811, l'Empereur demanda
au ministre de la guerre un projet de
drapeau sans changement de couleurs. Le
rapport qui fut présenté en retour
précisait :
« L'Empereur ayant ordonné que le
pavillon à attacher à la hampe des
aigles continuent d'être aux trois
couleurs et les inscriptions à y mettre
ne permettent pas que ces couleurs
soient coupées angulairement, j'ai
l'honneur de proposer au ministre de
décider que les trois couleurs seront
par bandes égales et verticales dans
l'ordre ci-après en partant de la hampe
: bleu, blanc, rouge. C'est ainsi qu'est
fait le pavillon qui flotte sur le
palais des Tuileries lorsque l'Empereur
est à Paris... »
Transmis à l'Empereur, ce rapport revint
porteur dune brève apostille impériale :
Approuvé suivi du N impérial.
Le drapeau impérial, modèle 1812,
symbole de la patrie lentement
constitué, mêlant l'harmonie de ses
couleurs à deux siècles d'histoire
nationale, s'identifie désormais avec la
nation France.
Maurice Brunet
Valence
Bibliographie :
P. Charrié, Drapeaux et étendards de la
Révolution et de L’Empire.
J. Regnault, Les Aigles impériales et le
drapeau tricolore Rigo, peintre de
l'armée. Les uniformes spéciaux et les
drapeaux
du 1" Empire (255 planches). Les
uniformes et les drapeaux de l'armée de
Louis XV (61 planches
Source :http://pageperso.aol.fr/adfjs/drapeau.htm
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