BRUXELLES Pour 88% des 500 parents interrogés, le décret tel qu’il est appliqué aujourd’hui n’améliore en effet pas la mixité sociale dans les écoles.
« La situation est présentée comme une réussite » par la ministre-présidente de la Communauté française en charge de l’Enseignement obligatoire, Marie Arena, a regretté jeudi Thierry Lambermont, président de l’UFAPEC, lors d’une conférence de presse commune avec le Secrétariat général de l’Enseignement catholique (SeGEC). « C’est choquant », a-t-il ajouté en qualifiant la mise en oeuvre du décret Inscriptions d' »échec prévisible ».
« Il y a eu une focalisation sur les files d’attente, alors qu’il ne s’agit que d’une conséquence, la partie visible de l’iceberg », a-t-il poursuivi. La première chose qui a été bafouée est, selon M. Lambermont, « la liberté du choix de l’école dans le temps et dans le lieu ». En clair, la possibilité de pouvoir inscrire son enfant quand et où on le souhaite, sans devoir prendre congé pour faire la file par exemple.
« Le résultat de l’application de ce décret est un fiasco total », a-t-il encore dit, en insistant sur la nécessité d’amender le décret pour retrouver la liberté de choix des parents. Si rien ne change, « le phénomène du 30 novembre (premier jour des inscriptions en 1ère année de l’enseignement secondaire; NDLR) va se recréer l’an prochain, même en organisant des réunions permettant de mieux informer les parents », a-t-il conclu.
L’UFAPEC a sondé 500 parents via l’envoi de questionnaires à ses membres et contacts ainsi qu’aux directeurs des établissements de l’enseignement catholique. Il en ressort que l’imposition d’une date a des effets pervers. Quant à la mixité sociale, c’est un problème de société et de revalorisation de l’enseignement en général qui vient bien avant le secondaire.
Vingt-huit pour cent des parents interrogés ont bénéficié d’une priorité lors de l’inscription de leur enfant. Parmi ceux-ci, 80% ont pu inscrire leur progéniture dans la première école de leur choix. Chez les « non-prioritaires », ce taux passe à 90%. Ceux qui ont fait la file ont donc obtenu ce qu’ils voulaient, souligne l’UFAPEC.
Quant au temps d’attente dans la file, il a logiquement été plus court pour les premiers que pour les seconds. Soixante-trois pour cent des « prioritaires » n’ont pas dû faire de file, mais 15% ont toutefois attendu pendant une heure. Parmi les non-prioritaires, 38% ont fait la file pendant plus de 6 heures alors que 9% y ont échappé.
L’UFAPEC relève par ailleurs la méconnaissance des projets éducatifs et pédagogiques des établissements avant l’inscription chez 15% des sondés, alors que l’école doit être choisie en fonction du projet. Un parent sur dix est toutefois satisfait de la clarté des modalités d’inscriptions. Certains critiquent néanmoins le choix de la date du 30 novembre, soit avant les examens de Noël: il est dès lors impossible d’évaluer le niveau de l’enfant de 6e primaire avant son inscription pour la rentrée suivante.

Enfin, 22% des parents interrogés affirment avoir procédé à des inscriptions multiples, bloquant ainsi des places vacantes pour d’autres élèves. Parmi ceux-ci, 29% justifient ce comportement par le fait que leur enfant se trouve sur une liste d’attente dans l’école correspondant à leur premier choix.
A la date du 30 novembre, 10% des répondants n’étaient toujours pas inscrits dans le registre d’une école, alors qu’un tiers de ceux-ci avaient visité plusieurs établissements pour inscrire leur enfant ce jour-là.